Râle des genêts © Johannes Jansen
Bruant mélanocéphale © Johannes Jansen
Rougequeue de Güldenstädt © Johannes Jansen
Un délicieux repas dans les montagnes © Johannes Jansen
Digiscopie dans le delta du Chorokhi © Johannes Jansen
Rhododendron pontique © Johannes Jansen
Pic à dos blanc © Johannes Jansen
Combattants variés © Johannes Jansen
Pipit spioncelle © Johannes Jansen
Rossignol progné © Johannes Jansen
Rougequeue à front blanc © Jorg Hamann
Observation en forêt © Johannes Jansen
Rollier d'Europe © Johannes Jansen
Mont Kazbeghi © Johannes Jansen
Delta du Chorokhi © Jorg Hamann
Col de Jvari © Johannes Jansen
Groupe STARLING dans les montagnes du Caucase © Jorg Hamann
Salamandre du Caucase © Johannes Jansen
Serin à front rouge © Johannes Jansen
Suivi de migration à Batumi © Johannes Jansen
Campanule © Johannes Jansen
Gobemouche nain © Johannes Jansen
Pêcheur dans le port de Batumi © Jorg Hamann
Lever de soleil sur David Gareji © Johannes Jansen
Dans le delta du Chorokhi © Johannes Jansen
Epervier d'Europe © Jorg Hamann
Bondrée orientale © Johannes Jansen
Roselin tacheté © Johannes Jansen
Gobemouche nain © Johannes Jansen
Aigle botté © Johannes Jansen
Chakvistskali © Johannes Jansen
29 novembre 2018

Rapport de voyage ornithologique en Géorgie : du Caucase aux magnifiques steppes

Découvrez notre rapport de voyage ornithologique en Géorgie. Ce pays renferme une diversité de nature incroyable ! Par conséquent, on y trouve de nombreux oiseaux exceptionnels qui s’y sentent comme à la maison. Chaque jour, nous observions des milliers de rapaces, en route pour leurs sites de nidification, dans le Nord de l’Europe. Que dire du tétras du Caucase, d’abord invisible, puis qui apparaît à deux pas de l’hôtel ?! C’est ça la Géorgie ! Goûtez à la beauté du Caucase dans ce rapport de voyage. Voici les points forts, qui nous ont été envoyés par Jorg Hamann, participant en 2016.

La migration des rapaces

Jorg et ses compagnons de voyage ont démarré leur séjour à Batumi, la capitale de la migration de printemps des rapaces. « Depuis le poste d’observation de Sakhalvasho, nous sommes déjà sacrément gâtés le premier jour. La matinée nous fournira notamment les observations de 192 bondrées apivores, 143 milans noirs, 64 buses des steppes, 59 éperviers d’Europe, 3 aigles pomarins, 2 aigles bottés et 3 cigognes noires. Un bon début ! Dans l’après-midi, la migration s’est encore intensifiée. Nous avons pu compter plus de 2000 rapaces, parfois en grands groupes. Garder le compte n’était pas un jeu d’enfants. »

Le guide, Johannes Jansen, est biologiste et spécialiste de la migration des rapaces. Il a participé à la mise en place du comptage automnal et s’est dès lors rendu régulièrement en Géorgie. Celui-ci possède maintenant des années d’expérience d’identification de rapaces. Il est donc la personne qu’il vous faut lorsque des dizaines d’espèces de ces bijoux à plumes passent au-dessus de votre tête.

« Depuis une colline en bordure de mer, nous observons, en plus des espèces communes, les aigles bottés, des steppes et pomarins. Nous apprenons progressivement à reconnaître ces grands aigles qui nous passent au-dessus de la tête. La diversité est bluffante. Parmi les éperviers d’Europe, passent aussi quelques éperviers à pieds courts. Alors qu’une rareté peut toujours se laisser observer à Batumi… Le workshop donné par Johannes sur les rapaces est très utile pour nous aider à l’identification. Le jour suivant, nous comptons encore plus de 3000 rapaces sur la matinée. Durant la cinquième journée, nous sommes récompensés par l’observation d’une superbe femelle de bondrée orientale que nous n’avions pas prévue ! L’aigle criard complétera finalement notre checklist des rapaces observables au printemps. »

Bondrée orientale © Johannes Jansen
Aigle botté © Johannes Jansen
Suivi de migration à Batumi © Johannes Jansen

À proximité de l’eau

La mer Noire et le delta du Chorokhi attirent de superbes oiseaux d’eau, à proximité de Batumi.

« Avec ses bâtiments futuristes, l’avenue principale de Batumi a des airs d’Emirats Arabes Unis. Entre les buissons nous observons une pie-grièche à poitrine rose, un bruant mélanocéphale, une fauvette épervière et de superbes pie-grièches à tête rousse. Sur la mer, nous profitons du spectacle offert par deux labbes pomarins poursuivant des sternes caugeks. En-dessous d’eux, les marsouins et dauphins sont très actifs. »

En avril-mai, le climat est idéal dans la région : autour de 20°C et peu de pluie. Cependant, c’est parfois difficile à prévoir… « Sur la route du delta du Chorokhi, au sud de Batumi, il commence à pleuvoir de plus en plus fort. Une décharge de déchets à ciel ouvert menace le delta et ses habitants. Tout comme de nouveaux projets de construction d’un nouveau grand complexe. Aujourd’hui, sous la pluie, le paysage à des airs désolés. Nous profitons tout de même des goélands leucophées, pontiques et d’Arménie. Mais dès la percée des premiers rayons de soleil, nous voyons apparaître de nombreux canards et limicoles. Les plus remarquables sont une guifette leucoptère, un groupe de sternes hansels et une femelle de marouette poussin. Sans oublier la lusciniole à moustaches ! »

Gobemouche nain © Johannes Jansen
Digiscopie dans le delta du Chorokhi © Johannes Jansen
Combattants variés © Johannes Jansen

Les pics à l’appel

Mtirala est un parc national à la végétation subtropicale. Nous parcourons donc cette région réputée pour les pics. « Par un temps sec et plaisant, nous nous promenons entre les noyers, châtaigniers, aulnes et vieux hêtres. Nous traquons les cris que nous entendons et découvrons comme cela un couple de gobemouches à demi-collier devant leur nid. Un rien plus loin nous observons quelques pouillots du Caucase et gobemouches nains. Tandis que nous arpentons le sentier qui devient plus raide, les spécialités de Mtirala apparaissent : les pics mar et à dos blanc nous offrent des vues géniales. Seul le pic cendré n’a pas daigné se montrer, malgré un contact auditif. »

« Sur le chemin du retour, nous avons encore la chance d’observer une salamandre du Caucase. Nous traversons la rivière dans un téléphérique à libre accès. Le long de la rivière, nous pouvons également observer la sous-espèce caucasienne du cincle plongeur. De retour à l’hôtel, nous dégusterons de délicieuses truites fraîches. »

Pic à dos blanc © Johannes Jansen
Salamandre du Caucase © Johannes Jansen
Observation en forêt © Johannes Jansen

Les sommets du Haut Caucase

« Au départ de Batumi, nous prenons le train de nuit pour Tbilisi ; un trajet confortable et agréable. Après une nuit à Tbilisi, nous prenons la direction du nord, et de Kazbeghi, à bord de notre minibus 4×4 loué pour l’occasion – Johannes derrière le volant. Sur la route, nous visitons la vallée de l’Aragwi et son célèbre monument – quelque peu érodé –  célébrant l’amitié des peuples soviétiques. Nous nous arrêtons encore au col de Jvari (2395m) pour observer les chocards à bec jaune et les craves à bec rouge. Mais l’arrêt le plus impressionnant dans tout ça sera Kobi. Il s’agit d’un village estival géorgien, à l’ombre d’un gigantesque mur de pierre, où l’on observera en quelques minutes le gypaète barbu, le serin à front rouge, le vautour fauve et le merle à plastron. »

« Le long d’une armée de camions parqués au bord de la route, nous approchons de notre destination. Avant d’entrer dans le village, nous savourons déjà l’observation du rougequeue de Güldenstädt, et de deux tétraogalles du Caucase qui volent le long des falaises. Finalement nous nous enregistrons à l’hôtel. Un établissement génial et magnifiquement situé. Depuis la table à manger, nous avons vue sur le sommet enneigé de Kazbeghi. Le repas du soir est savoureux. »

Serin à front rouge © Johannes Jansen
Un délicieux repas dans les montagnes © Johannes Jansen
Rougequeue de Güldenstädt © Johannes Jansen

Notre compagnie restera deux jours autour du mont Kazbeghi. « Le lever de soleil fait briller le sommet du mont Kazbeghi. Après le petit-déjeuner, nous montons la route escarpée qui mène à l’église de Stepantsminda. De là, nous partons à pied vers le glacier. Nous avancerons jusqu’à 2800m d’altitude. Partout autour, nous admirons de magnifiques fleurs de montagne, mais ce que nous attendons le plus c’est le tétras du Caucase… en vain jusque là. Le lendemain matin nous aurons plus de chance : 6 exemplaires seront observés sur les pistes, juste derrière l’hôtel. À quelque mètres de là, nous tombons maintenant sur un groupe de roselins tachetés. Notre bonheur est à son comble alors que nous les observons magnifiquement. »

Roselin tacheté © Johannes Jansen

Étourneaux roselins et francolin noir

« En route vers la réserve naturelle de Chachuna. Sur le chemin, nous observerons un superbe mâle de busard Saint-Martin et un groupe de 19 grues demoiselles qui n’ont pas encore rejoint leurs terres de nidification. Nous roulons jusqu’à la frontière est de la Géorgie et poursuivons la suite du voyage sur des pistes. Dans la belle lumière du soir, nous atteignons le monastère de David Gareji, surmonté par un magnifique un arc-en-ciel. Le matin suivant, nous apercevons le faucon crécerellette, le percnoptère d’Égypte, les étourneaux sansonnets et roselins, le monticole bleu ainsi que les traquets pie et oreillard (ssp orientale). Tous ceux-ci se reproduisent autour du monastère idyllique. Nous poursuivons notre route dans la steppe. Ici, les bergers avec leurs troupeaux de moutons et leurs patous agressifs semblent être les seuls habitants. D’énormes nuées d’étourneaux roselins continuent à nous survoler durant notre trajet vers Chachuna. »

Une fois que Jorg et ses compagnons atteignent la réserve, les surprises vont s’enchaîner. « Après cela, dans les bâtiments abandonnés autour du barrage du réservoir-Dali, nous avons encore observé de nombreux couples nicheurs de faucons crécerellettes. Au même moment, nous trouvons également l’agrobate roux et deux magnifiques mâles de fauvette des Ménétries, à seulement quelques mètres ! De loin, nous entendons l’appel du francolin noir, tandis que deux aigles impériaux volent droit vers nous. L’un des moments forts du voyage ! Alors que la fin de journée nous gratifie d’une magnifique lumière, Paul (l’un des participants) découvre un francolin noir qui se montre magnifiquement. Ici à Chachuna, il était donc aussi possible de trouver toutes les espèces dont on a pu rêver. »

Bruant mélanocéphale © Johannes Jansen
Rougequeue à front blanc © Jorg Hamann
Lever de soleil sur David Gareji © Johannes Jansen

Accueil géorgien

Durant la première partie du voyage, les participants Starling dormaient dans une famille d’accueil. « Le village et la maison de Ruslan et de sa famille, tout comme la nourriture me rappelaient mes visites précédentes et Géorgie. Ici, le Russe est encore très utilisé, en particulier chez les générations plus âgées. C’était donc une chance que notre guide Johannes maîtrisait cette langue. »

En parallèle aux moments dédiés à l’ornithologie, il y avait aussi de la place pour un peu de culture. « Le samedi soir, nous nous sommes plongés dans l’atmosphère du port de Batumi. Nous avons marché sur la jetée très fréquentée, parmi les anciennes grues hongroises ou est-allemandes, immobiles depuis bien des années. En plus des locaux détendus, nous profitons d’un gobemouche nain, de pipistrelles de Kuhl et d’un engoulevent d’Europe qui chante. »

Pêcheur dans le port de Batumi © Jorg Hamann

À la fin du voyage, une fois arrivés à Tbilisi, notre compagnie fait le bilan des observations : 219 espèces, dont 26 rapaces ! Jorg ajoute : « Nous avons passé nos dernières heures en Géorgie à se promener dans la vieille ville restaurée de Tbilisi puis à savourer un délicieux repas de khinkali (ravioli géorgien typique) avec de la tchatcha. À bientôt, belle Géorgie ! »